Augmentation mammaire
Regonfler ses seins sans passer sur la table d'opération, cela est désormais possible ! Utilisé depuis des années en chirurgie et en médecine esthétique, l'acide hyaluronique pourrait bien-être une alternative aux implants mammaires. Chirurgien esthétique, Isabelle Sarfati nous dit tout sur cette technique autorisée en France depuis janvier 2008.
Quel recul a-t-on avec cette technique ?
Isabelle Sarfati :
L'acide hyaluronique est utilisé depuis des années en médecine
esthétique pour le visage, pour les yeux, dans le genou... Son
utilisation est assez courante.
En Suède, 2 000 patientes ont
déjà reçu des injections d'acide hyaluronique pour gonfler leurs seins
et 12 000 au Japon. En France, le produit est encore en cours
d'évaluation pour déterminer ses spécificités et connaître son
évolution. Il est important de montrer que le produit ne gêne pas le
dépistage du cancer du sein et ne modifie pas son incidence.
Comment se déroule une séance d'injection pour augmenter sa poitrine ?
Isabelle Sarfati : La séance se déroule au cabinet médical, sous anesthésie locale et dure environ une heure. La patiente ressort ensuite.
Concrètement, on fait une mini-incision de 2 millimètres dans le sillon
sous mammaire. L'injection se fait entre la glande mammaire et le
muscle afin de ne pas truffer la glande de produit étranger.
Pourquoi utiliser l'acide hyaluronique pour les augmentations mammaires ?
Isabelle Sarfati :
Avec l'acide hyaluronique, on peut avoir une augmentation mammaire sur
mesure. On n'a pas besoin d'anesthésie générale, pas d'hospitalisation
et donc pas d'arrêt de travail. On peut aisément ajuster le résultat en
réinjectant du produit ou en en enlevant ultérieurement. Le résultat
est aussi plus naturel. Mais, il faut savoir que ce produit est
résorbable.
A quel rythme doit-on renouveler les injections ?
Isabelle Sarfati :
L'acide hyaluronique est une substance résorbable que l'on retrouve en
quantité identique chez toutes les espèces animales. En moyenne, les
effets de la première injection durent un an. Il faut donc les
renouveler tous les ans, mais avec un dose moindre. Un an après la
première, on refait une injection de moitié et un an plus tard on
injecte 25 % d'acide hyaluronique.
Doctissimo : Existe-t-il un risque à regonfler ses seins aussi souvent ?
Isabelle Sarfati : Je ne pense pas, mais nous manquons totalement de recul à ce sujet.
Quels sont les contre-indications aux injections d'acide hyaluronique ?
Isabelle Sarfati :
C'est, entre autres, l'objet de l'étude. Ce que nous savons maintenant,
c'est que pour les injections d'acide hyaluronique sur le visage, il
n'y a quasiment pas de contre-indication.
Quels sont les effets
indésirables ? Sous combien de temps, la patiente peut-elle reprendre
le travail, une activité sportive ?
Isabelle Sarfati :
Il n'y a peu d'effets indésirables. On préconise 48 heures de repos
après les injections et la patiente peut ressentir un certain inconfort
juste après. Mais cela ne dure pas et n'est pas handicapant.
Quelles recommandations faites-vous aux patientes avant une injection ?
Isabelle Sarfati :
On ne fait pas de recommandations particulières, à part celle d'éviter
les médicaments contenant de l'aspirine. Il n'y a pas non plus de test
cutané car l'acide hyaluronique que l'on utilise déjà depuis de
nombreuses années et que l'on connaît, est un produit très peu
allergisant.
Combien coûtent en
moyenne ces injection pour augmenter sa poitrine?
Isabelle Sarfati :
Il faut compter environ 120 € pour une injection de 10 ml (donc pour
une augmentation de 100 ml/sein : 2500 €) auxquels il faut ajouter les
honoraires du praticien.
Isabelle Sarfati : Il s'agit pour l'instant d'une augmentation modérée. Avec ces injections, on peut gagner une taille de bonnet. Mais ce qui les séduit le plus nos patients, c'est l'absence d'anesthésie générale. Et puis, elles peuvent vraiment avoir une augmentation mammaire sur mesure. Ce n'est pas monobloc, et donc plus naturel. Enfin, la liberté de pouvoir le retirer sans contrainte et l'aspect résorbable est vraiment très important pour elles.

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